Le duo Rosetta/Philae nous a dit au revoir

rosetta_impact

Chères lectrices, chers lecteurs,

Après dix ans de voyage dans le Système solaire et 24 mois en orbite, Rosetta s’est «posée» à la surface de la comète, au côté de son atterrisseur Philae.

Adieu Rosetta, tu as bien fait ton travail », a lancé Sylvain Lodiot, le responsable des opérations de vol de Rosetta depuis le Centre européen d’opérations spatiales à Darmstadt, en Allemagne.

La sonde de l’Agence spatiale européenne a en effet percuté, vendredi 30 septembre, la comète « Tchouri », signant la fin d’une odyssée spatiale historique de plus de douze ans destinée à tenter de percer les mystères de la formation du système solaire.

Durant sa chute, la sonde a continué de travailler reniflant les gaz et scrutant les poussières, tout en envoyant ses données vers la Terre. Plusieurs clichés haute définition (résolution proche du centimètre) ont ainsi été pris tout au long de la descente. Les derniers, à quelques mètres du sol seulement, sont encore très flous (impossible pour la caméra Osiris de faire le point aussi près de la surface).. Ce sont les images les plus précises jamais réalisées de la surface de la comète 67P/Churyumov-Guérassimenko.

Lien vers la gallerie d’images

À 13 h 19, les derniers signaux émis par la sonde avant de toucher le sol finissaient de traverser les 700 millions de kilomètres qui nous séparent d’elle. Puis plus rien. Rosetta n’est plus. L’atterrisseur Philae, lui, se réveillera peut-être de son hibernation dans 3 ou 4 ans, lors du prochain passage de la comète près du Soleil (mais nous ne le saurons probablement jamais faute de relais permettant la communication avec celui-ci).

Cependant, il faut comprendre qu’une quantité considérable de données a pu être accumulée et qu’il faudra attendre plusieurs années pour que les chercheurs puissent analyser l’ensemble. De fait, la comète n’a pas encore livré tous ses secrets, et les archives extraordinaires, dont les scientifiques disposent désormais, nous réserveront bien des surprises.

Au final, l’Europe peut se satisfaire d’avoir été la première à avoir visité une comète et s’être posée dessus, découvrant que les noyaux cométaires n’étaient pas les boules de glace poussiéreuses que l’on s’imaginait, mais des matrices très poreuses de matière organique emprisonnant moins de 20 % d’eau. Une révolution conceptuelle dont les conséquences ne sont pas encore très claires. La complexité et l’abondance des molécules organiques trouvées sur place (notamment de la glycine, un acide aminé présent dans de nombreuses protéines) laissent notamment penser que les ingrédients indispensables à la vie pourraient bien avoir une origine cométaire. Ce résultat seul valait bien le 1,4 milliard d’euros investi dans l’aventure.

Pour ceux qui voudraient prolonger l’aventure :

Vidéo pour expliquer aux plus jeunes.

Dossier complet sur la mission Rosetta

Scientifiquement vôtre
M. mOyOn

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